Aujourd’hui, je me souviens de tout ce chemin parcouru dans l’espérance et avec Espérance…
Durant mes années de mariage, j’ai connu les abîmes de la peur, de la souffrance et de la solitude.
Mes parents m’ont élevée de manière très autoritaire.
Enceinte, j’ai cherché à aimer et à vivre avec le père de mon enfant, mais très vite, j’ai senti que ce serait difficile.
D’éducation chrétienne, j’ai voulu l’épouser à l’Eglise, j’ai même désiré un second enfant.
Le rêve du prince charmant s’est très vite envolé… pour me laisser dans les bras d’un guerrier qui m’a humiliée, écrasée, frappée, cassée… je n’étais rien et capable de rien.
Il m’a détruite psychologiquement et émotionnellement.

Un soir, je me suis enfuie pour éviter l’hôpital… la mort.
J’ai porté plainte et décidé de divorcer !
Et puis après, j’ai lu une petite annonce et j’ai poussé une porte…

Espérance a été le premier endroit où je me suis sentie accueillie, respectée et reconnue comme victime. Prendre la décision de divorcer n’est pas plus facile que d’être quitté. C’est un lieu où je me suis sentie écoutée comme une personne en souffrance, mais surtout d’une écoute bienveillante et sans jugement !
Autour de la table, j’ai exprimé mes peurs, mes doutes et mes peines. J’ai pris le temps de parler de mon histoire, de mes filles, de mes difficultés et de mes projets.
La parole est libératrice et réparatrice !

J’ai aussi entendu d’autres histoires personnelles. J’ai vu beaucoup de larmes et de colères face à cette blessure de la séparation et du divorce que nous partagions tous et toutes. J’ai réalisé que je n’étais plus seule !
En venant à ces réunions, nous nous guérissons les uns les autres.
J’ai beaucoup appris sur des thèmes comme la communication, le lâcher-prise, la solitude et l’estime de soi.
L’écoute est source d’enseignement !

La séparation et le divorce sont des épreuves qui ont de lourdes conséquences sur soi, nos enfants et nos familles. Ce ne sont pas les épreuves en elles-mêmes qui sont à retenir, mais comment on les traverse et comment on décide d’y faire face.
En venant à ces réunions pendant cinq ans, j’ai pris ma vie en main…
J’ai suivi une thérapie. J’ai choisi de lâcher-prise sur mon ex-mari et sur la justice.
J’ai retrouvé confiance en moi et j’ai réappris à faire confiance aux autres et en la vie !